Au Maroc j’aime…

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 Le ciel bleu, la générosité du soleil

Exit les interminable matchs Gris VS Bleu… Au Maroc, le bleu l’emporte toujours et le soleil n’est pas avare de vitamine D.

2
 Les sourires, les mains portées sur le cœur

Tous les matins, mêmes personnes saluées, mêmes sourires comme marque d’ADN, mêmes rituels, mêmes « Labes 3lik » (Comment vas-tu ?), mêmes mains sur le cœur en guise de geste de fraternité.

3
 Les « khoya » et les « khti »

En tous lieux les « khoya » (mon frère), les « khti » (ma sœur) et les « sahabi » (mon ami) fusent… Non sans nous rappeler leur évocation universelle !

4
 L’environnement naturel

La beauté brute et minérale du Haut Atlas, les mouettes qui virevoltent avec le vent de l’Atlantique, les vallées rieuses du grand Sud, le souffle divin qui sculpte les dunes du Sahara… Le Maroc est un concentré de nature énergisante.

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5
 L’ambiance des médinas

Les déambulations tout en up and down. Les « balek, balek ! » (cris des muletiers se frayant un passage). Les effluves d’épices. Le chahut enivrant. Le sentiment délicieux d’être propulsé dans une dimension spatio-temporelle parallèle…

6
 Les 1001 possibilités de voyages et de week-ends

Une virée dans l’Atlas, un séjour dans une ferme d’hôte, un festival musical, une parenthèse culturelle, une aventure sportive, une oasis confidentielle dont on vous a vanté les mérites… Voilà autant de raisons de repousser sans cesse le retour sous les cieux de la douce France (ou d’ailleurs).

7
 Les improbables scènes de vie

Des taxis avec 8 personnes à bord. Des policiers qui font du stop. Des charrettes et des BMW qui se partagent la chaussée. Des mécaniciens-dentistes. Des marchés ou les produits piratés sont rois. Des joggeurs sur les bords de l’autoroute (si, si !) Des passagers accrochés à l’arrière des bus (bon, là, j’avoue, je m’y habitue difficilement…)

8
 Le rapport au temps

Un proverbe local dit « Li zerbou matou » (Celui qui est pressé est mort). Une devise prise très au sérieux au Maroc… même si dans les grandes villes elle est malheureusement en passe de se faire détrôner par la célèbre « travailler plus pour gagner plus ».

9
 L’artisanat

À l’heure d’Ikea (bientôt au Maroc) et de Kitéa (version marocaine du géant suédois… non, ce n’est pas une blague), l’artisanat marocain, foisonnant et ancestral, résiste plutôt très bien et c’est tant mieux ! Quel enchantement que de parcourir la médina au rythme des martèlements des dinandiers et des ciseleurs…

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 Les villages et les maisons en pisé

Ils constellent le sud du Maroc de leurs empreintes esthétiques et écologiques sans omettre au passage de rhabiller les paysages dans lesquels ils semblent se fondre tout naturellement… Un modèle à faire vivre et revivre !

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 Les 1001 paradoxes de la société

« Blad Skizo » (pays schizophrène) chantait Hoba Hoba Spirit (groupe de la scène musicale underground)… La société marocaine est si plurielle et complexe qu’on n’y comprend pas toujours grand-chose. Une fois les préjugés rangés dans sa valise, on se laisse sans mal porter par les interrogations, les révoltes et les espoirs d’une société aussi contrastée que passionnante.

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 Les conversations surréalistes dans les taxis bidaouis

Scoop : le concept Bla Bla Car est une invention casaouie ! Quand la banquette arrière d’une FIAT Uno rouge déglinguée (appelée ici taxi) se transforme en divan, des bribes de conversations d’anthologies viennent réchauffer les cœurs et la mémoire… Une femme fait l’étalage des déboires sentimentaux avec son mari et les passagers s’improvisent tour à tour psychanalystes, humoristes et même politiciens. L’ambiance est parfois si survoltée, qu’on regrette que la course ne s’éternise pas plus longtemps… Parfois les conversations sont simplement remplacées par les mélopées des chansons orientales ou par celles des prières.

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 Le plurilinguisme

On s’y perd un peu… Mais pas autant que les Marocains qui doivent jongler entre une langue officielle peu usitée (l’arabe fous’ha, dit classique), une langue de communication non officielle (la darija), une deuxième langue officielle déclinée en 3 variantes (la langue berbère dite tamazigh). Sans parler de la langue française, héritée du protectorat français, officiellement non officielle mais officieusement officielle (vous me suivez là ?), notamment dans le monde de l’économie et de l’entreprise. Rajoutez à cela l’espagnol, substitué au français dans le nord du pays et le hassaniya, parlé dans les régions du Sahara et vous voilà parfaitement polyglottes.

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 L’attention portée aux enfants

Les Marocains (dans leur grande majorité !) adorent l’drari (les enfants). J’ai vécu deux grossesses au Maroc à accepter (ou décliner) les multiples propositions d’aide… Ici, un passant se propose de porter vos courses. Là-bas un commerçant vous invite à vous asseoir sur sa chaise. Un peu plus loin, un enfant vous pose 1000 questions avant de faire un bisou à votre ventre redondant… C’est sans parler des petits présents faits spontanément à vos enfants dans la rue : un bonbon, un fruit ou un ballon… souvent accompagnés par d’interminables bénédictions « Que dieu les garde… » Le Maroc est une terre bénie des enfants (et des parents !)

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 La végétation

Oliviers, eucalyptus, pins, thuyas, arganiers, bougainvilliers, orangers, citronniers, amandiers, figuiers, cerisiers, genévriers, chênes-lièges, cèdres, sapins, palmiers-dattiers et j’en passe et des plus odorants, esthétiques et colorés…

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 Les couleurs et la lumière

Fouler le sol tangérois après avoir effectué la traversée du détroit de Gibraltar en bateau est toujours une expérience saisissante pour ma rétine. Couleurs et lumières s’invitent en tous lieux : sur les djellabas, dans le ciel, dans la nature, sur les murs des médinas et sur les foulards des femmes… C’est l’explosion chromatique !

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 La créativité qui bouillonne dans les villes

Le Maroc n’a peut-être pas l’ADN avant-gardiste de Berlin ou Amsterdam… mais il a des idées et des talents. Scènes alternatives et/ou culturelles, street-art éclosent (encore timidement) dans les veines des cités. Anciens abattoirs de Casa, Jardin Rouge de Marrakech, Salle Renaissance de Rabat, salle musicale B-Rock à Casa, Villas des Arts de Rabat (et de Casa) témoignent d’un potentiel artistique et créatif prometteur.
C’est sans parler des festivals : l’Boulvard, Awaln’Art ou Gnaoua pour ne citer qu’eux… Mais aussi des nombreuses actions menées par les Instituts culturels étrangers (Institut Français, Cervantès, British etc.)

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 L'engagement des associations pour un monde meilleur

Le combat d’Aïcha Ech Chenna pour les mères célibataires. Celui des enfants d’El Karam pour les enfants des rues. Le travail des associations Casamémoire et Rabat-Salé mémoire pour la sauvegarde du patrimoine en péril. Mais aussi le travail mené par Salima Naji et ses équipes pour la restauration des villages en pisé menacés du grand sud… Ceci pour ne citer qu’elles…

19
 La cuisine marocaine

Exit Picard, les surgelés et la culture hors-sol. Fraîche, variée, méditerranéenne et parfumée, la gastronomie marocaine donne comme des envies d’envoyer sa famille en stage de cuisine. Le seul hic ? Devoir faire tricher sa balance en permanence…

20
 La jeunesse du pays

Même si le dernier recensement confirme que la population marocaine vieillit, la jeunesse est particulièrement visible sous les latitudes marocaines. Sorties d’écoles groupées, parties de football improvisées et réunions nocturnes de quartiers ajoutent au caractère vivant et joyeux du Maroc.

21
 La nonchalance méditerranéenne

Confidence pour confidence : je l’ai d’abord détestée. Puis de retour dans ma douce France, elle m’a manquée. Puis de retour au Maroc, c’est la rigueur française qui m’a manquée. Bref, vous l’avez compris, entre elle et moi, c’est un peu « je t’aime moi non plus ».

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 Les chats, présents en tous lieux…

Ils s’infiltrent dans les gargotes populaires, se dorent le poil dans les monuments historiques et mettent parfois bas sur votre balcon (vécu en live : une portée de 3 chatons découverts dans un panier en osier). Certains mènent une vie de pacha, d’autres luttent pour leur survie. Et oui, au Royaume des chats, comme dans celui des humains, on n’est pas nés sous la même étoile.

23
 Le sentiment confus d’être (ou de ne pas être) d’ailleurs

Être d’ici ou de là-bas. Ne pas oublier d’où l’on vient. Essayer de comprendre… Se dire que finalement, tout cela n’a pas d’importance…

24
 Les bribes de conversations en « 3ransilla »

Parce que ma darija (arabe marocain) est encore hésitante, je mêle souvent l’3arabiya (arabe) au franssaoui (français)… ce qui donne l’3ranssiyya : mélange de darija et de français… Même s’il est loin d’être parfait, il fait souvent des merveilles…

25
 Des champs d’expériences plus larges

Changer de métier, créer son entreprise, enseigner, écrire… Autant d’expériences qui me paraissaient inenvisageables vues de l’autre côté de la Méditerranée… Mais attention, qui dit large ne veut pas dire facile !
On ne parlera pas de sujets qui fâchent… Comme dans tous les pays, il y en a … C’est aussi ça aimer un pays, l’aimer et l’accepter dans sa globalité, tel qu’il est…

© photo principale : Laurie Arnauné © photos articles : Laurie Arnauné