Conduite au Maroc : le guide de survie !

Dans la jungle, terrible jungle marocaine (et surtout urbaine !), la conduite automobile a ses propres subtilités qu’il vaut mieux connaître avant d’envisager un autotour au Maroc… Petit guide de survie de la conduite sur les routes du Maroc !

Eviter les obstacles

La principale difficulté pour un conducteur néophyte sur les routes du Maroc consiste à éviter les obstacles. Oui, tous les obstacles qu’ils soient identifiés ou non… Et Allah sait s’il y en a. Les piétons d’abord peuvent surgir à tout moment et surtout là où vous ne les attendez pas. Ne vous laissez pas distraire : le triporteur, la carriole, le petit taxi et la BMW rutilante profiteront du moindre moment d’égarement pour vous doubler par la droite ou par la gauche… Attention, la mobylette !!!

Un obstacle peut en cacher un autre

Sur les routes du Maroc, un obstacle est rarement isolé. Un (groupe de) piéton(s) peut par exemple en cacher un autre. Vous pensez céder le passage à un groupe d’enfants en partance pour l’école ? En réalité vous cédez le passage… à l’école entière ! Ceci est aussi vrai avec les troupeaux de moutons, de vaches et/ou de dromadaires. Certains policiers peuvent aussi se cacher derrière les panneaux de signalisation… Restez en alerte permanente.

Conduite sur les routes du grand sud marocain... Attention dromadaire !

À vos rétros

Non, les rétroviseurs ne servent pas qu’à peaufiner son maquillage… Ici, au Maroc, ils ont une vraie utilité notamment en milieu urbain, ou ils se substituent aux yeux qui font défaut derrière la tête. Ânes, carrioles, vélos, mendiants en chaise roulante, mobylettes, piétons et policiers peuvent débouler sur la droite, la gauche, l’avant, l’arrière et le point mort du véhicule, et ce, à tout moment. Alors mieux vaut oublier la règle de conduite qui consiste à regarder devant soi sans se soucier des autres… Attention, le taxi pile devant vous ! (ça c’était pour stimuler un peu vos réflexes). Et oui, vous ne rêvez pas, il dépose bien ses passagers... au beau milieu de la chaussée !

Main sur le buzzer

Bien plus qu’un buzzer, le klaxon est un sport national sans lequel conduire au Maroc relève tout bonnement de l’impossible. Et oui, à l’instar du smartphone chez le jeune de la génération Y, X et/ou Z, le klaxon est une excroissance de la main du conducteur marocain dont l’usage peut avoir plusieurs significations :

  • « Je suis là alors fais gaffe » (parfois doublé d’un appel de phare)
  • « Tu sais pas conduire » (parfois doublé d’une séries de grands gestes en signes d’interrogations avec les mains)
  • « C’est moi le plus gros donc pousse-toi d'là qu'je passe » (langage préféré des bus et autres gros 4x4 des villes…)
  • «  Mais que fais la police ? » (SOS détresse d’un automobiliste en détresse coincé dans les embouteillages)

Fast and furious

Au Maroc, toutes les occasions sont bonnes pour doubler… par la droite comme par la gauche, en queue de poisson, en agglomération, sur l’autoroute, partout… Automobilistes fous, poids lourds, Shumacher réincarnés en taximens marocains et autres grosses berlines officielles… C’est la course à la vitesse ! Vous avez beau rouler au maximum de la vitesse autorisée, il y a toujours un gros 4x4 rutilant qui vient se coller à votre arrière-train pour vous sommer d’aller plus vite, appels de phares, grands gestes de la main et coups de klaxons à l’appui. Un seul conseil pour survivre à ce genre de situation : écoutez la petite voix de Gandhi qui sommeille en vous et maintenez une conduite sage, civique et courtoise…

Conduite sur les routes marocaines : excès de vitesse... ou de lenteur !

Deux voies et 3 files d’attente ? L’équation marocaine !

Il y a deux voies et 3 files d’attente se forment ? C’est là l’équation marocaine pour (tenter de) résoudre la problématique des embouteillages. Et ça marche… aussi dans l’autres sens : 3 voies et 2 voitures à cheval sur 2 files d’attente (au lieu de 3)…

Feu rouge et policier « vert » ? Euh

Au Maroc, le feu rouge est souvent doublé par un feu vert mobile en chair et en os = un policier qui vous fait signe de passer à côté d’un feu ni vert, ni orange mais bien rouge… À ce moment, la première réflexion qu’on se fait à soi-même est « Il veut me coller une prune ou quoi ? » « C’est un piège ? » « J’y vais ? J’y vais pas ? »… Ne vous posez pas trop de questions… Le policier qui vous fait signe de passer avec de grands gestes pourrait arborer des signes d’irritation explicites si vous hésitez à brûler ce feu rouge comme il vous le demande… Allez, allez !

Panneaux fantaisistes à l’approche des villes

Des panneaux 80 km/h, 60 km/h et 40 km/h qui se succèdent de façon fantaisiste à moins de 10 mètres d’intervalle (j’exagère à peine). Euh ??? Ne me demandez pas comment faire pour décélérer, je n’en n’ai pas la moindre idée… Mais le policier qui se trouve là pourra peut-être vous expliquer, lui...

Ton permis, tu l’as eu ou ?

« Ton permis tu l’as eu ou ? Dans une boîte à surprise ? » « Non sur un parking ! » « Ah, ok je comprends mieux ! ». Au Maroc, le permis de conduire s’adapte le plus souvent aux moyens financiers des prétendants à l’examen… On le fait donc court (même si cela est en passe de changer, sécurité routière oblige). Une marche-arrière sur le parking, un passage en seconde et un stationnement (toujours sur le parking entre deux plots) pour corser un peu l’épreuve et le permis de conduire est dans le sac. Et pour ce qui est de la conduite à proprement parler, elle s’apprend le plus souvent… en conduisant.

Conduite sur les routes de l'Anti-Atlas marocain

Sur les autoroutes du Maroc

Une fois parvenu sur les autoroutes du Maroc, l’automobiliste a tendance à relâcher l’attention. Erreur. Troupeaux d’animaux et autres chiens errants peuvent surgir sans prévenir d’un côté ou de l’autre de la voirie. Et c’est sans parler des piétons qui traversent l’autoroute pour aller au village d’en face… Ben quoi ? C’est le chemin le plus court pour y aller…

À la campagne…

Les routes de campagne et du grand Sud marocain semblent échapper au plan de modernisation des routes du Royaume. Si bien que la qualité de l’asphalte n’est pas toujours au rendez-vous dans ces lieux qui abritent les plus beaux paysages du Maroc. Certaines routes de montagnes sont si étroites que lorsqu’un camion chargé de foin (ou de meubles) jusqu’au ciel déboule en face : gare au vertige ! Ajustez la vitesse en conséquence, soyez vigilent et rabattez-vous au besoin sur le bas-côté (en priant pour que ça passe). Et sinon, gare aux nids de poule, aux pistes cabossées et aux passages à gué qui sont légion dans les zones les plus enclavées du pays. Ceci est encore plus vrai après le passage des pluies.

Conduite dans la vallée du Dadès au Maroc... Gare au vertige !

GPS marocain

Les cartes ne sont pas toujours à jour (quand elles ne sont pas carrément à l’envers… pratique !). Si bien qu’il vaut mieux souvent en recourir au fameux GPS marocain de Gad El Maleh « ouvre la fenêtre et demande à celui-là ou se trouve ton chemin ! ». Je rajouterai pour ma part que c’est aussi un excellent prétexte pour aller à la rencontre des Marocains.

  • Infos pratiques

  • Âge minimum pour conduire au Maroc : 18 ans ou 21 ans selon les loueurs de véhicules
  • Permis de conduire : permis de conduire étranger en cours de validité et/ou permis de conduire international
  • Port de la ceinture : obligatoire pour tous les passagers (même si une tolérance existe encore pour les passagers arrière)
  • Utilisation du téléphone mobile : illégale et passible d’amende
  • Limitations de vitesse : agglomération 40 à 60 km/h ; hors agglomération 80 à 100 km/h ; autoroute : 120 km/h
  • Contrôles de vitesse : en voie d’intensification depuis quelques années, ralentissez à l’entrée et à la sortie des villes et des villages (l’endroit préféré des barrages de police et des radars mobiles)
  • Bakchich : si le bakchich est une pratique courante, il tend de plus en plus à disparaître avec la multiplication des radars automatiques.
© photo principale : Laurie Arnauné © photos article de haut en bas : Laurie Arnauné