Highway to Paradise Valley

Si le paradis ressemble à la bien nommée « vallée du paradis », alors aucun doute : je veux y aller… Mais pas tout de suite quand-même… Pour l’heure je me contenterais de ce bout de paradis terrestre que Dame Nature nous a généreusement offert, et quel paradis !

En route vers la vallée du Paradis

Pour ceux qui ne connaissent pas (encore), la vallée du Paradis s’étire, grosso modo, sur une soixantaine de kilomètres au nord d’Agadir, entre Aourir et Imouzzer des Ida Outanane. Nous entrons dans ce qui fut le pays de la tribu berbère des Ida Outanane. Loin de la frénésie balnéaire d’Agadir, le circuit mène le voyageur sur les premiers contreforts de l’Atlas ; là où le génie excentrique de la nature s’expose sans complexe. La montée sur les hauteurs va crescendo, révélant de façon graduelle les fragments d’un univers paradisiaque. Imaginez plutôt : des montagnes calcaires, des oasis verdoyantes, des cascades fraîches et vrombissantes, des cultures en terrasses, des panoramas vertigineux, des piscines naturelles aux eaux cristallines… Non, Dame Nature n’a pas lésiné sur le travail ! Elle a rajouté à ses offrandes opulentes toute la panoplie de la flore locale : arganiers, palmiers-dattiers, lauriers roses, amandiers, caroubiers, genévriers et oliviers (pour ne citer qu’eux !) La main de l’homme, elle, a fait le reste et doté cet espace scénique de petits bourgs de pisé rouge et de pierres. Puis, la nature et les hommes ont rassemblé leurs compétences pour faire entrer en scène le miel aux parfums subtils de thym, de lavande et de cactus, sans doute histoire de donner à cette féerie visuelle un petit goût de « reviens-y » ! De son véritable nom Taghrat Ankrim en amazigh, la vallée berbère, fut durant les années 60 et 70, un point de fréquentation important des communautés hippies qui y vivaient en parfaite harmonie avec la nature. La légende raconte que ces babas aux cheveux longs lui auraient donné son surnom de « vallée du paradis ». La légende ne précise pas si leur paradis était artificiel, mais nous sommes sûrs d’une chose : ce paradis-là est bien terrestre !

Sur la route d'Imouzzer des Ida Outanane
Sur la route d'Imouzzer des Ida Outanane

À voir. À faire.

– Oser un cliff jumping ou une baignade rafraîchissante dans les nombreuses vasques naturelles aux eaux limpides.
– Randonner sur les sentiers pédestres (fait rare au Maroc, ils sont balisés !).
– Faire un détour par le rucher d’Inzerki, le plus grand et le plus ancien rucher collectif au monde… et devenir incollable sur l’apiculture berbère !
– Flâner dans le souk hebdomadaire d’Immouzzer des Ida Outanane (tous les jeudis).
– Faire un saut aux cascades de l’Oued Tinkert (en activité de janvier à mars).
– Déguster un p’tit tagine au pied des cascades... ou chez l’habitant.
– Découvrir le miel dans tous ses états (thym, lavande, plantes médicinales…) et penser à ramener quelques pots à belle-maman (ou à la voisine), le miel de thym étant considéré comme le meilleur (et le plus cher !)
– Goûter à l’Amlou « la Nutella Berbère » (pâte à tartiner revigorante à base d’huile d’argan et de miel).
– Célébrer le miel et sa palette de déclinaisons aromatiques lors de la fête du miel (en mai).

Les cascades de l'Oued Tinkert asséchées
Les cascades de l'Oued Tinkert asséchées
 Y aller

Compter une journée entière pour un aller/retour dans la journée depuis Agadir, Taghazout ou Imsouane. Kilométrage total : 120 km.
Pour faire durer le plaisir, choisissez de dormir dans le paradis blanc, bleu, vert et ocre… Une poignée d’hôtels et de maisons d’hôtes ont leur adresse dans la vallée du Paradis.

Un p'tit thé sur la terrasse de l'hôtel des Cascades surplombant la vallée du Paradis
Un p'tit thé sur la terrasse de l'hôtel des Cascades surplombant la vallée du Paradis
© photo principale : Laurie Arnauné © photos article de haut en bas : Laurie Arnauné