Ksar el Khorbat

Il faut s’aventurer aux portes de Tinejdad, dans la basse vallée du Todra pour voir jaillir de ses yeux le Ksar el Khorbat. Pour le vivre, une seule prescription : s’engouffrer dans ses ruelles gorgées d’authenticité et y poser ses valises. Ressuscité après un long intermède de restauration, le ksar el Khorbat propose bien plus qu’un hébergement : une immersion en profondeur dans la vie d’un ksar présaharien.

Pour qui ?

Adeptes de tourisme solidaire, amateurs de nature, écolos de nature, amoureux inconditionnels de grand sud et de voyages en immersion.

Dans la palmeraie - Ksar el Khorbat
Dans la palmeraie - Ksar el Khorbat

Une histoire de ksar restauré

Son nom, El Khorbat, les ruines en arabe, laissait présager d’un sombre destin… Il aurait pu, comme tant d’autres ksour du Sud marocain, tomber dans les mémoires de l’oubli et s’en retourner à tout jamais à la terre, celle-là même qui l’a fait naître, celle-là même sans qui ses murs de pisé n’auraient jamais vu le jour. Mais le ksar el Khorbat a eu droit à un destin plus heureux… À croire que sa bonne étoile lui a prêté main forte…

Le Ksar el Khorbat doit d’abord sa résurgence à un homme, Hmad Ben Amar. Ce natif de la région a lancé en 2002, avec ses deux partenaires Joan Castellana et Roger Mimó, le pari audacieux de ressusciter le village à l’abandon … Comment ? En proposant une expérience d’écotourisme authentique en collaboration avec l’Association El Khorbat pour le Patrimoine et le Développement Durable… Ainsi le vieux ksar ressuscita… Loin des débats nationaux sur le tourisme durable, il retrouva sa valeur esthétique et patrimoniale. Depuis son retour à la vie en 2004, le ksar peut se targuer de participer activement à la préservation du patrimoine historique et culturel marocain. 86 familles sont venues se réinstaller dans ses murs de terre. Coopératives féminines, musée oasien et ateliers de poterie ont repris leur place aux côté des installations communautaires (écoles, bains, mosquée etc.) impulsées par un programme de coopération internationale.

Lauréat bien mérité du Trophée du Tourisme Responsable 2010, Ksar el Khorbat est un bien joli projet à découvrir, à soutenir et mieux… à vivre ! Loin du folklore surjoué des dîners fantasias, le Ksar el Khorbat lance un appel à la vie à tous les ksours agonisant du sud marocain et témoigne que oui, un autre tourisme est possible !

Ksar el Khorbat à travers l’histoire
De fondation arabe, le ksar el Khorbat fut successivement occupé par les Ikabliine, les berbères Aït Atta puis les Aït Merghad. Ces derniers édifièrent au XIXe siècle un ksar Ighrem Oujdid aux côtés du ksar historique : Igherm Akdim. L’union des deux villages forme aujourd’hui le ksar el Khorbat restauré dans la pure tradition pré-saharienne. 

Côté maison d’hôtes

Les 10 chambres du ksar el Khorbat rendent hommage aux ksars de l’oasis de Ferkla : Asrir, Aït Assem, Igoudamène ou Sidi l’Houari (pour ne citer qu’elles). Disséminées dans 4 maisons du XIXe siècle, reliées les unes aux autres, elles permettent aux voyageurs de goûter à l’expérience d’un séjour authentique dans une maison en terre crue. L’hébergement, labellisé « Clef verte » est simple et confortable. Salons marocains traditionnels, climatisation, espace, cheminées et terrasses privatives comptent parmi les « plus » des chambres. Les télévisions à écran LCD ne sont en revanche d’aucune utilité. Et pour cause, le bonheur est ici ailleurs, dans la palmeraie !

Le confort n’est pas sacrifié pour autant. Piscine, terrasses, bibliothèque et vaste jardin permettent de parfaire sa cure de zenitude. Côté cuisine, les femmes du village élaborent des plats traditionnels au bon goût d’autrefois, à déguster dans le restaurant ou à l’ombre des tonnelles… Gare à la tentation de la sieste postprandiale…

Une chambre du Ksar el Khorbat
Une chambre du Ksar el Khorbat

Côté musée des Oasis

De la maison d’hôtes au musée des Oasis, il n’y a qu’un pas… à travers les ruelles ombragées du village couvertes de poutres de palmiers où se perdre est un délice. Le musée des Oasis renferme un des plus beaux musées privés sur la vie traditionnelle des oasis du sud. Ses 600 mètres carrés d’espace didactiques, répartis sur 3 niveaux revisitent l’artisanat, le commerce, l’agriculture, les fêtes et la médecine traditionnelle populaire à travers une série de maquettes, de photos, d’objets traditionnels et de bijoux. La dimension ethnique est mise en exergue à travers différents hommages aux racines amazigh (berbères), arabes et juives qui ont chacune posé leur empreinte culturelle dans l’Oasis de Ferkla. Les amateurs d’habitat écolo trouvent leur bonheur dans les salles dédiées à l’architecture traditionnelle en pisé. Au gré des 22 salles muséales on prend toute la mesure de la vie dans une oasis du sud marocain.

Dans les jardins du ksar el Khorbat
Dans les jardins du ksar el Khorbat

10 expériences à vivre au départ du ksar el Khorbat ?

> Musarder en dilettante dans la palmeraie d’El Khorbat du ksar Akdim au ksar Oujdid.
> Gravir la colline de Tassabelbalt et éprouver la sensation d’avoir la palmeraie à ses pieds !
> Devenir incollable sur le processus de fabrication d’huile d’olive lors de la visite d’un moulin à huile.
> Lézarder au gré des chemins de terre dans la Palmeraie de Tineghir.
> Éprouver la sensation délicieuse de se sentir tout petit au bas des gorges du Todra.
> Mettre le cap vers les dunes de Merzouga et s’offrir un corps à corps d’anthologie avec les nuances du désert.
> Explorer les circonvolutions du Jbel Sahgro lors d’une balade en 4x4.
> Remonter la vallée du Gheris en direction de l’authentique ksar de Goulmima.
> Sillonner les oasis de montagnes autour d’Aghbalou n’Kerdous.
> Enfourcher un VTT pour une aventure à deux-roues dans l’Oasis de Ferkla.

Infos pratiques
Y aller depuis Ouarzazate : 219 km (03h10 de route).
Y aller depuis Er-Rachidia : 88 km (01h30 de route).
Séjourner au Ksar el Khorbat et découvrir le Sud marocain autrement.

 © photo principale : Ksar el Khorbat © photos article de haut en bas : Ksar el Khorbat