La palmeraie du Todra

Plantée entre Ouarzazate et Er-Rachidia, à la jonction du Haut-Atlas oriental et de l’Anti-Atlas, la palmeraie du Todra surgit, comme un mirage, au milieu des grands espaces. Ses jardins dessinent l’une des plus belles oasis du Maroc, à découvrir pour quelques heures ou quelques jours… On y va ?

Au fil de l'Oued Todra

Le voyageur qui arrive dans la palmeraie du Todra (ou palmeraie du Todgha), étourdi par les heures de route, se trouve d'emblée récompensé par son havre de fraîcheur. Ses couleurs, ses contrastes et son immensité agissent comme un premier électrochoc. Enserrée dans les massifs atlasiques, la palmeraie du Todra étale son ruban vert sur pas moins de 30 km reliant les gorges du Todra (ou gorges du Todgha) à la ville de Ferkla. Elle a parfois l’allure d’une plaine. Impression corroborée par sa vaste étendue, qui se profile en certains lieux jusqu’au firmament azuré.

Principale responsable de cette luxuriance ? La rivière qui coule au cœur de la vallée. C’est l’Oued Todra (ou Oued Todgha) qui arrose la palmeraie, alimentant la vie jusque dans les moindres fragments végétaux. Les neiges du Haut-Atlas participent à ce mouvement, aidé par les eaux de la nappe phréatique, loties à seulement quelques mètres de profondeur.

La main de l’homme se mêle ensuite à celle de la nature pour irriguer les terres en profondeur de cette eau si précieuse dont pas une goutte ne se perd. L’opération est rendue possible grâce aux seguias, ces canaux d’irrigation hérités de la science des Berbères. C'est ainsi que depuis des temps immémoriaux, la palmeraie du Todra témoigne de l’union harmonieuse du travail de la nature et des hommes.

Le monde agricole de la palmeraie
Le monde agricole de la palmeraie

Sous les palmiers, la vie !

Les touristes s’arrêtent souvent sur la vaste plateforme érigée sur la route menant aux gorges du Todra pour saisir quelques clichés panoramiques. La vue sur la palmeraie du Todra y est à faire pâlir les réalisateurs de cinéma. Et puis ils s’en vont, en quête de nouvelles images à épingler, laissant l’Eden végétal de la palmeraie du Todra derrière eux… Trois petites photos et puis s’en vont !

Certains plaisantins du coin les appellent d’ailleurs les « tout-tristes », ces voyageurs, qui, une fois franchi la Méditerranée demeurent « toujours pressés »… C’est que lieu suscite l’envie de prendre du temps. Du temps pour pénétrer, sans but précis, sous les ombrages des palmiers. Du temps pour découvrir le petit monde agricole qui s’active dans les vergers. Du temps pour comprendre un mode de vie fascinant, baigné de douceur et de simplicité.

Les sentiers de terre oscillent entre parcelles cultivées, vergers et potagers ou broutent parfois des animaux. Les jardins comptent des milliers de palmiers, d’oliviers, de grenadiers ou de figuiers. La floraison des amandiers, dès l’arrivée du printemps, ajoute de nouvelles notes de beauté à ce jardin d’Eden.

Ksar jaillissant de la palmeraie du Todra
Ksar jaillissant de la palmeraie du Todra

Immersion dans la palmeraie

Une fois perdus dans ces sentiers de terre labyrinthiques, on hume la fraîcheur, on s’emplit les oreilles du chant des oiseaux et on salue les villageois et leur organisation communautaire. A l’instar de la médina, la palmeraie se parcoure au hasard des rencontres. Les envies, les sens et la curiosité y sont les meilleurs guides. Culs de sacs et demi-tour arrière jalonnent la balade mais cela n’a plus d’importance lorsque le temps est retrouvé.

Au cœur de ce vaste jardin vivant, où les verts semblent l’emporter sur les tonalités ocre jaillissent les ksours (villages fortifiés en pisé) de la palmeraie. Au soleil couchant, leurs murs de terre renvoient en échos les rayons du soleil qui font des étincelles dans la rétine. Le temps suspend alors sa course, aidé par les mélopées de l’appel à la prière du muezzin. Aucun mot ne saurait rendre hommage à la magie qui règne en cet instant précis.

Quand les amandiers fleurissent dans la palmeraie du Todra...
Quand les amandiers fleurissent dans la palmeraie du Todra...

A voir / A faire / A vivre

♥♥♥ Découvrir la mosquée-médersa Ikelane, lotie au cœur du ksar Afanaour. Après un lifting réalisé par l’association Afanour de Développement en 2007, la mosquée affiche un bel exemple d’architecture présaharienne… Et elle est ouverte aux non-musulmans !

♥♥♥ S’inviter dans le vieux village d’Aït el Haji de Tinghir, jouxtant la palmeraie du Todra. Ses murs de pisé, partiellement en ruine, abritent le Mellah, l’ancien quartier juif qui témoigne d’un temps ou juifs et musulmans se partageaient cette terre berbère.  

♥♥♥ Remonter la vallée du Todra jusqu’aux spectaculaires gorges du Todra écrasées sous le poids de ses à pics vertigineux.

♥♥♥ Grimper à la Kasbah du Glaoui perchée sur les hauteurs du village de Tineghir (s'écrit aussi Tinghir). Si la Kasbah agonise, le panorama, lui, vaut tous les efforts de la montée !

Y aller
Depuis Ouarzazate : 168 km (compter 2h30 de route).
Depuis Er-Rachidia : 135 km (compter 2h15 de route).

Retrouvez notre itinéraire pour découvrir les plus belles vallées du Sud marocain

© photo principale : Laurie Arnauné © photos article de haut en bas : Laurie Arnauné