La vallée des Roses

Je m’étais fait la promesse d’y revenir. J’y suis revenue… Depuis, je me suis fait la promesse d’y revenir plus longtemps… Mais ce n’est jamais assez longtemps. La vallée des Roses vous happe dans un univers si puissamment régénérant qu’on la déclarerait volontiers d’intérêt public ! On y va ?

Y’a match… dans la vallée des Roses !

Ne cherchez pas le terrain de foot… Ici le match se joue éléments contre éléments, couleurs contre couleurs, contrastes contre contrastes. Entre le rose de la roche minérale, le bleu du ciel et le vert des jardins luxuriants de la vallée, le verdict est toujours le même : match à égalité ! Pour fouler cet immense terrain de jeu (et de trek), il faut remonter le long de l’Oued M’goun qui courre de Kelâat M'Gouna à Tamalout Bou Tharar. L’émerveillement va graduellement, au fur et à mesure de l’immersion dans la vallée. À chaque virage, un panorama inattendu dévoile son lot de visions féeriques. Ici des montagnes granitiques cascadent de façon spectaculaire. Là-bas les cimes enneigées jouent les beautés froides et inaccessibles. Un peu plus loin un vieux village en pisé mise sur la carte du contraste. Partout les cultures tapies le long de l’oued exhalent le parfum délicat et bienveillant de la végétation. On peine à garder les yeux sur la route tant la beauté lézarde ici, là-bas, partout… C’est un match pacifique et confidentiel. Un match hors-jeu. Et par-dessus tout : un match hors du temps.

Paysage à l'entrée de la vallée des Roses
Paysage à l'entrée de la vallée des Roses

Balade dans les jardins

Pour une immersion dans la vallée des Roses, il faut s’enfoncer dans les jardins qui longent l’oued M’Goun sur plus de 30 km entre Kelâat M’Gouna et Tamalout Bou Tharar. Un Maroc authentique se cache ici, derrière un nom de fleur délicate, un nom qui lui va si bien. Le village de Tamalout Bou Tharar, perché en haut de la vallée est le point de départ des treks sillonnant la région. C’est aussi une bonne base de départ pour larguer son véhicule… et accessoirement tout rapport à la vie moderne. L’exploration des jardins verts et luxuriants de la vallée des roses commence ici. Des troncs de bois, jetés sur l’oued permettent de rejoindre les jardins tapis, comme des îlots, dans des écrins de rose et de vert. Les pas, enjambent ci et là des petits canaux d’irrigation qui courent à travers les parcelles cultivées. Orge, luzerne et maïs, prolifèrent à l’abri des haies de rosiers et de lauriers roses. L’eau, omniprésente, suffit à rendre la marche légère, aérienne. Les salutations aux quelques femmes, enfants et villageois qui s’affairent dans les champs font le reste. L’endroit nous rappelle alors ce lien indéfectible qui nous unie à la terre et aux saisons… On y retrouve le temps autrefois perdu… et un délicieux sentiment de béatitude.

Flower Power

Invisibles depuis la route, les arbres fruitiers : noyers, pêchers, figuiers, pruniers, pommiers, poiriers, abricotiers et amandiers sonnent l’arrivée des saisons. Au printemps l’éclosion des coquelicots, des fleurs d’amandiers suivies par celle des rosiers sont ardemment attendues. La vallée des Roses, recouverte d’un voile rose vibre de nouveaux contrastes où s’invitent les dégradés de magenta, de rouille et de rubis. Comme un bouquet de fleurs, la vallée des Roses resplendit, procurant un Whouah effect particulièrement éclatant. Éclat décuplé lorsque les rayons du soleil couchant s’en mêlent, irisant les paysages de leurs beaux attributs. On est alors saisi par tous les pores… The Natural Show must go on !  

Balade dans les jardins de la vallée des Roses
Balade dans les jardins de la vallée des Roses

Au nom de la Rose

Ses montagnes, sa terre et ses roches éruptives sont colorées de rose. Pourtant on l’appelle bien « la vallée des Roses » et non la « Vallée Rose ». Cette appellation qui vient des roses qu’on y cultive, elle ne l’a pas volée. La Rosa Damascena, dite Rose de Damas, aurait été introduite dans la vallée par des pèlerins de retour de La Mecque dans le courant du Xe siècle. Cette fleur, réputée pour son pédigrée et sa fragrance délicate s’épanouit donc dans la vallée des roses, à 1500 mètres d’altitude. Résistant bien au froid et à la sécheresse, elle livre ses fleurs délicates et odorantes entre avril et juin conférant à la vallée une tonalité apte à vous faire voir la vie en Rose. Le mois de mai annonce la récolte qui se voit clôturée par le superbe moussem des Roses. Pendant 3 jours, la fleur charnue est à l’honneur dans le village de Kelâat M’Gouna, loti à l’entrée de la vallée. Défilés, danseurs, musiciens, percussions, costumes, colliers de fleurs et élection de Malika Ouardi (la Reine des Roses) battent leur plein. Symbole de la vallée, la rose prête ensuite ses essences à l’élaboration de produits cosmétique. Eau distillée, colliers de roses, savons, shampoings, boutons : tout ici est aux parfums et aux couleurs de la Rose. En attestent les nombreuses boutiques « à l’eau de Rose » qui fleurissent à Kelâat M’Gouna.

La vallée des Roses en pratique
Y aller :
compter une 1h30 de route pour effectuer les 35 kilomètres de route entre Kelâat M’Gouna et Tamalout Bou Tharar.
Shopping : les produits proposés dans les boutiques de Kelâat M’Gouna vous paraissent flashy pour être naturels ? Rabattez-vous sur la distillerie de Kelâat M’Gouna. Logée dans une ancienne kasbah, elle est la seule distillerie traditionnelle de la région…
À visiter au moment de la récolte, en avril et en mai.
Prolonger le voyage : de Bou Tharar, il est possible de rejoindre : l’oasis de Skoura (piste à l’ouest) ou la vallée du Dadès (piste à l’est). À moins que vous n’optiez pour un trek dans les gorges du M’Goun ? Que le voyage continue au Maroc !

 © photo principale : Laurie Arnauné © photos article de haut en bas : Laurie Arnauné