Le lac Bin el Ouidane

Lorsqu’on « googlise » le lac Bin el Ouidane, on apprend qu’il s’agit d’un lac artificiel né de la construction du barrage éponyme – le barrage de Bin el Ouidane – datant des années 1950. Pas vraiment glamour à première vue donc… Pourtant, avec ses paysages à couper le souffle, le lac Bin el Ouidane fait l’objet d’une jolie mise en bouche pour les voyageurs en partance vers le Haut-Atlas. Arrêtons-nous un instant sur ses rives pour suspendre le temps entre lac et montagnes…

Le lac Bin el Ouidane, entre deux fleuves

Entre Beni Mellal et Azilal, les montagnes de l’Atlas ont tout le loisir de jouer à « miroir ô mon beau miroir, dis-moi qui est la plus belle ? ». Et pour cause, les eaux calmes du lac Bin el Ouidane leur offrent un miroir (souvent) absolu… et déroutant de beauté pour le voyageur qui s’arrête ici.

Couvrant près de 3 700 hectares de terres, le lac Bin el Ouidane forme une immense retenue d’eau enchâssée dans un écrin naturel minéral qui laisse deviner une géologie complexe et mouvementée.

Il doit son nom « Bin el Ouidane » littéralement « entre deux fleuves », à sa localisation entre l’oued el Abid et l’assif Ahansal. Nous sommes ici à 800 mètres d’altitude, sur les premiers contreforts menant vers le haut, très Haut-Atlas…

Le premier élément qui attire indéniablement l’œil est la couleur de ses eaux. Virant inlassablement au gré des saisons et de la course des nuages dans le ciel, sa couleur lui confère tantôt des airs de Méditerranée, tantôt des airs d’Écosse. Qu’il arbore une robe turquoise ou métallique, le lac Bin el Ouidane saisit d’emblée les contemplatifs.

Les amateurs de reliefs accidentés ne sont pas en reste face au spectacle des bouts de terre insulaires et presqu’insulaires qui semblent déchirer les eaux du lac… De part et d’autres de l’immense étendue d’eau, des montagnes plissées encerclent le joyau bleu de son plus bel écrin. Luttant contre la rigueur des parois verticales de l’Atlas, les collines ondulantes, plantées d’oliviers, d’amandiers, de chênes-verts et de douars berbères dessinent un paysage bucolique, caressé d’une irrésistible douceur.

Puis les teintes de l’astre solaire évanescent se fondent dans la carte postale… et là gare aux frissons ! À cet instant, on n’imagine pas une seconde que le lac Bin el Ouidane alimente le plus grand barrage du Maroc en production énergétique. Après une traversée souterraine de la montagne, les eaux du lac s’en vont irriguer généreusement les cultures de la grande plaine du Tadla. L’ouvrage, impressionnant, est d’ailleurs surveillé de très près par les militaires.

Des carpes qui laissent muets... comme une carpe !

Le lac Bin el Ouidane peut se targuer de concentrer une forte population de poissons calibrés pour figurer dans le Guiness des Records. Ainsi, plusieurs carpes de 12 kg, 15 kg, 20 kg et 30 kg traînent indolemment dans les eaux du lac, aimantant les amateurs de pêche sportive qui n’hésitent pas à planter leurs tentes et leurs cannes à pêches sur les rives du lac. Aux côtés de ses carpes bodybuildées : brochets, black-bass, sandres, gardons, perches-soleil font du lac Bin el Ouidane la Mecque des amateurs de pêche sportive.

À voir, à faire, à vivre autour du lac

À première vue par grand-chose à faire autour du lac si ce n’est randonner le long des rives pour s’abreuver inlassablement de la beauté des paysages environnants. Les spots les plus faciles d’accès sont :

L’île du légionnaire

Pour y aller il faut franchir le tunnel menant sur la route d’Ouaouizeght et dépasser l’hôtel Widiane Resort. Jolies balades panoramiques (et accessibles aux familles) en perspective.

Les « plages » en contrebas de l’hôtel Chems

C’est le point de départ des balades en radeau (ou en barque) sur le lac Bin el Ouidane. Formules allant de ½ heure à plusieurs heures à négocier avec le « capitaine » du bateau.

La rivière en contrebas du barrage

C’est le lieu prisé des familles berbères qui étendent leurs nappes tressées le temps d’un pique-nique « à la marocaine » (comme à la maison avec BBQ, tajines et thé à la menthe… mais au grand air !). L’endroit est très fréquenté le week-end.

Autour du pont métallique enjambant l’oued Abid

Les sentiers panoramiques serpentant sur les collines qui auréolent le lac font l’objet d’une jolie balade.

Pour partir à la découverte du lac, version sportive, vous avec le choix entre le kayak, le ski nautique, le bateau safari, le pédalo. À moins que… Le wakeboard ? Allez chiche ! Si c’est trop ébouriffant pour vous, vous pouvez toujours vous rabattre sur une séance de cabotage en radeau dans les gorges de l’Assif Ahensal. Rendez-vous à la base de loisir du lac.

Le village de Bin el Ouidane présente quant à lui peu d’intérêt hormis le fameux souk du dimanche. Mais avec un peu de chance, vous assisterez peut-être à une authentique fantasia !

Vers sur les rives du lac Bin el Ouidane, du côté de l'île du légionnaire
Ambiance Games of Thrones sur le lac Bin el Ouidane
Surplombant l'Oued Abid, au dessus du lac Bin el Ouidane
Lever du soleil sur le lac Bin el Ouidane, serti dans un bel écrin de montagnes ocre
Jour de Fantasia dans le village de Bin el Ouidane
Sur les rives du lac Bin el Ouidane
Se poser sur les rives du lac Bin el Ouidane
Soleil couchant sur le lac Bin el Ouidane
La vie sur les rives du lac Bin el Ouidane

 

  • Y aller :
  • Depuis Beni Mellal : 57 km (compter 01h15 de route)
  • Depuis Marrakech : 208 km (compter 03h30 de route)
  • Depuis Casa : 278 km (compter 03h45 de route)
  • Depuis Rabat : 360 km (compter 04h30 de route)
  • Poursuivre le voyage :
  • La cathédrale d’Imsfrane : 70 km (compter 01h45 – 4x4 indispensable)
  • La vallée de Zaouiat Ahansal : 109 km (compter 2h30 de route)
  • La vallée des Ait Bougmez : 100 km (compter 2h30 de route)
  • Les cascades d’Ouzoud : 65 km (compter 1h10 de route)
  • Le pont naturel d’Imi n’Ifri : 10’ km (compter 2h00 de route)
© photo principale : Laurie Arnauné © photos article de haut en bas : Laurie Arnauné