Le Maroc en 5 vêtements traditionnels

Le Maroc est un défilé permanent de couleurs, de matières, de textures, de motifs… Il suffit de se promener dans les rues de ses médinas et de ses quartiers pour scotcher littéralement sa rétine. Voici un avant-goût des vêtements traditionnels que vous croiserez Inch Allah lors de votre voyage au Maroc.
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Djellaba, mon amour !

C’est l’incontournable des garde-robes marocaines, le vêtement traditionnel un brin cliché auquel on pense instantanément lorsqu’on évoque le Maroc. Vous croiserez des hommes et des femmes vêtus de djellabas dans toutes les villes et les rues du royaume. Jadis vêtement des hauts dignitaires, réservé exclusivement aux hommes, la djellaba s’est étendue aux femmes dès les années 1950 où elle a peu à peu remplacé le haïk.

Formée d’une longue tunique ample comportant le plus souvent une capuche, la djellaba est le vêtement casual  par excellence. Enfilé comme un pardessus, ce vêtement d’origine berbère libère les mouvements et camoufle (parfois)... le pyjama ! Si les modèles féminins sont nettement plus bariolés que leurs homonymes masculins, ces derniers adoptent volontiers les djellabas blanches de circonstance pour les fêtes, la prière à la mosquée ou les cérémonies officielles.

Pour un look traditionnel, on accompagne la djellaba masculine d’un tarbouche (chapeau couleur grenat) et de babouches (belgha) jaunes. Pour affronter le froid de Chefchaouen (ou de l'Atlas), on ne lésine pas sur la laine granulée. Pour donner la réplique aux jeans, t-shirts et autres sweats shirts, les femmes osent les djellabas colorées, chères à Yves Saint Laurent. Modèles prêt-à-porter, sur-mesure ou pièces de créateurs en mettent plein la vue !

Incontournable vêtement traditionnel marocain, la djellaba est mixte
Croisé d'hommes en djellabas traditionnelles dans la médina de Marrakech
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La Gandoura, une « presque-djellaba »

Si elle ressemble à s’y méprendre à la djellaba, la gandoura ne possède pas de capuche. C’est une tunique ample, longue et fluide qu'on ne porte pas comme un pardessus à l’instar de la djellaba mais bien comme une tunique à part entière. Version manches courtes, la gandoura permet de s’affranchir de la chaleur estivale. Version papillon, c’est la nouvelle coqueluche des mariages. Vous l’avez compris, la gandoura, jadis relayée au rang de vêtement traditionnel pour la maison se réinvente peu à peu sur les podiums

Du pays Jbala au Sahara : les particularités vestimentaires marocaines
  • Au Maroc, il existe 1001 déclinaisons régionales, sociales et/ou culturelles en matière de vêtements traditionnels… Une preuve avec les femmes du pays Jbala (montagnes occidentales du Rif), vêtues de leur chapeau de paille orné de pompons dit « chahiya » et de leur « mendile », ce drap coloré accroché à la ceinture.
  • Dans les contrées sahariennes, place au Melhfa (ou Malhfa) et au Derâa. Le Malhfa est la tenue traditionnelle de la femme sahraouie. Vive et bariolée, elle se présente comme un drapé en tissu fin de plus de 3 mètres que l’on enroule, tout simplement autour du corps. Le Derâa est quant à lui le vêtement traditionnel bleu qu’arborent les Sahraouis (hommes du Sahara). Il peut être complété d’un Serwal (pantalon bouffant style Aladin), et d’un cheche (turban bleu), il ressemble à une gandoura ample et aérée de couleur bleue.
  • Les traditions vestimentaires sont aussi l’apanage de certaines confréries musicales et spirituelles (Gnawa, Aïssawa, Hamadcha, Gharbawa etc.) voire professionnelles (les porteurs d’eau appelés guerrab).
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Le caftan, star des mariages marocains

Pièce ultime de la fashionista marocaine, le caftan est une longue tunique qui se démarque par la richesse, le raffinement et la somptuosité de ses tissus et de son ornementation. 100 % féminin, le caftan aurait voyagé de la Perse à l’Andalousie Mauresque avant d’être adopté dans le Royaume chérifien.

On ne sort le caftan que pour les grandes occasions : mariages, baptêmes, fêtes traditionnelles et autres réjouissances familiales. Si vous avez la chance d’être de la partie, vous serez immanquablement éblouis par le faste des créations uniques et faites main. Couleurs, coupes, broderies et effets de matières témoignent d'une tradition artisanale séculaire et donnent le ton de la fête.

Membre du club élitiste de la haute-couture, le caftan  ne cesse de se réinventer sous l'impulsion des créateurs et des stylistes, pour aller vers toujours plus de grâce et de féminité.

Détail d'une ceinture de caftan, le vêtement traditionnel star des mariages marocains
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La takchita, bien aimée des fashionistas

La takchita c’est le caftan revisité des stylistes avec ses formes inédites, ses coupes audacieuses et ses touches originales.

Contrairement au caftan qui ne compte qu’une pièce, la tackchita compte deux ou plusieurs pièces qui se superposent pour sublimer les effets de matières et de styles. Coupé dans le velours, la soie ou le brocard, la takchita est serrée à la taille par une ceinture brodée de fils de soie, d’argent ou d’or appelée Mdamma. Le rendu, très coloré et féminin donne aux mariages marocains des airs de défilés haute-couture particulièrement chatoyants.

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Le haïk, traditionnel et urbain

Bien moins visible et populaire que la djellaba, la gandoura, le caftan ou la takchita, le haïk subsiste dans quelques rares villes du Maroc.

À Essaouira notamment, il n’est pas rare d’apercevoir des silhouettes énigmatiques drapées de cette imposante pièce de tissu faite de laine, de lin ou de coton. Le haïk est traditionnellement blanc, plus rarement noir, beige, marron ou écru.

À Taroudant où on l’appelle tamelhaft, il a la particularité d’être bleu indigo. À l’instar du sari indien, le haïk est taillé dans une seule pièce d’environ 2 mètres sur 6 mètres. Les citadines marocaines l’arboraient jadis pour arpenter les venelles de la médina en toute discrétion. À la différence des femmes rurales et sahariennes, les citadines avaient en effet coutume de se voiler le visage.

Les vieilles photos d’époque datant des années 1950 témoignent de l’importance du haïk dans traditions vestimentaires marocaines. Tombé en désuétude après l’indépendance, le haïk a peu à peu été remplacé par la djellaba et autres vêtements populaires sous les cieux occidentaux. Aujourd’hui, seules quelques vielles femmes se dissimulent encore derrière le haïk.

Ce grand drapé blanc, qui ne laisse apparaître que les yeux, a inspiré de nombreux artistes, peintres et photographes. Aussi, le haïk ne doit-il pas être confondu avec le niqab, la burqa, l’abaya ou encore le tchador qui n’appartiennent aucunement à la tradition vestimentaire marocaine…

Les femmes swiries (d'Essaouira) dissimulées sous leurs haïks traditionnels ne passent plus vraiment inaperçues de nos jours...
© photo principale : Laurie Arnauné © photos article de haut en bas : Laurie Arnauné, Laurie Arnauné, Pixabay, Laurie Arnauné, Laurie Arnauné