Où voir les cigognes au Maroc ?

Pays d’émigration, le Maroc n’en demeure pas moins une terre d’accueil pour de nombreux migrants volatiles. Dès la fin du mois d’août, de nombreuses cigognes européennes migrent vers les terres chaudes et clémentes du continent africain. Certaines prendront leurs quartiers d’hiver au Maroc où les attendent déjà leurs cousines africaines… Focus sur 3 lieux où les cigognes se cachent pour caqueter…

1
Le Chellah à Rabat

Les cigognes vouent une fidélité absolue à la capitale du Maroc. Elles sont partout : sur les minarets des mosquées, sur les murailles crénelées des remparts historiques et même sur les antennes-relais où elles n’hésitent pas à exposer leurs œufs aux ondes électromagnétiques de Maroc Telecom.
S’il y a bien un lieu où multiplier vos chances de tomber nez à nez (ou plutôt nez à bec) avec les cigognes, il s’agit bien du Chellah. Dans la journée, les majestueux échassiers au plumage blanc et aux rémiges noires peuplent les berges de l’oued Bou Regreg ou elles s’adonnent à leur activité favorite : la pêche. Plus tard, elles rejoignent leurs nids, perchés sur le site archéologique du Chellah qui surplombe la vallée du fleuve Bou Regreg. Vous y êtes ? Préparez-vous à un concerto de caquètements, leur deuxième passion. À l’approche du crépuscule, les coups des becs, sonores, saccadés et rythmés redoublent d’intensité comme pour rendre grâce à ce moment d’éternité. Et, tandis que le ciel rougeoie, on finit par se demander si elles n’auraient pas des origines gnawas ces cigognes…

Multiples nids de cigognes visibles depuis le Chellah à Rabat
Multiples nids de cigognes visibles depuis le Chellah à Rabat

2
Le palais El Badi à Marrakech

Vous les pensiez débordées par une livraison de nouveau-nés en Alsace ? Que nenni ! Elles se sont fait la malle sous le soleil de Marrakech et coulent des jours heureux dans l’enceinte du Palais Badi. Haut-perchées sur les murailles sâadiennes du XVIe, elles peuplent les ruines d’un palais considéré en son temps comme le plus majestueux du Royaume. Une façon, peut-être, de rendre hommage à l’histoire oubliée du Palais Badi, pillé en son temps pour enrichir la cité impériale de Meknès voulue par Moulay Ismaïl… A moins que les cigognes ne se réservent simplement des places de choix pour claquer du bec à l’occasion du Marrakech du Rire organisé, dans l’enceinte même du palais… Qui sait ? Dans l’attente, elles vous offrent de jolis prétextes de photos et de découvertes.

Cigognes posées sur les remparts du palais Badi à Marrakech
Cigognes posées sur les remparts du palais Badi à Marrakech

3
La Kasbah des cigognes à Ouarzazate

Elle n’a pas volé son nom la Kasbah des cigognes ! Située à deux kilomètres de Ouarzazate, sur la rive droite de l’oued, cette ancienne propriété des Glaoua, jadis appelée Kasbah Tamesla, n’est plus habitée que par de majestueux migrants volatiles. Les murs d’enceinte de pisé, haut perchés face au vert intense des vergers, offrent une place de choix aux colonies de cigognes. Elles viennent y établir leurs nids de branchage et scrutent les eaux paisibles de l’oued où elles vont pêcher dans de grandes envolées. Si la forteresse n’est plus qu’un champ de ruines, son site, lui, est parfait pour les contemplatifs. Asseyez-vous, écoutez, levez les yeux et retenez l’instant… Les échassiers vous montrent les lumières de Ouarzazate qui scintillent au loin, dans la magie du crépuscule…

Chassé-croisé dans les airs marocains
Elles seraient 100 000 cigognes originaires d’Europe à emprunter chaque année, dès la fin du mois d’août le détroit de Gibraltar. Objectif du voyage ? Atteindre le soleil de la Mauritanie et du Sénégal. Il existe aussi une population de cigognes africaines originaires du Maroc. Ces espèces africaines voyagent au même moment de l’année aux côtés de leurs cousines européennes. Mais de nombreuses cigognes se sédentarisent… Un peu de soleil et de nourriture et elles interrompent leur migration pour se poser au Portugal, en Espagne et bien-sûr au Maroc… Bonjour Paresse !

Cigognes caquetantes perchées sur un minaret mérinide du site du Chellah à Rabat.
© photo principale : Laurie Arnauné © photos article de haut en bas : Laurie Arnauné