Si la Villa Majorelle vous était contée…

Voilà le genre de maison ou l’on se verrait bien poser ses valises, juste pour le plaisir de dire STOP au temps qui passe et OUI à l’art de vivre… Une évidence sous les cieux de la villa Majorelle… Yallah, on vous emmène ?

Il était une fois Jacques Majorelle

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1917 : le peintre français Jacques Majorelle (1882-1962), invité par un ami de son père (un certain général Lyautey) pose ses valises à Marrakech. L’artiste est immédiatement ensorcelé par la lumière du royaume et les « souks éclaboussant de vie féconde et heureuse ». Jacques Majorelle voyage à travers le Maroc pour y puiser l’inspiration nécessaire à l’élaboration de ses toiles.

En 1922, le peintre a la bonne idée d’acheter quelques hectares dans la palmeraie de Marrakech. Objectif ? Y faire construire sa maison et son atelier dans celle qui deviendra la Villa Majorelle. Très vite, l’architecte Paul Sinoir s’attelle à la réalisation de la bâtisse, directement inspirée du style Le Corbusier.

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Une fois la villa sur pieds, l’artiste, amoureux des plantes, a tout le loisir de se consacrer à son autre passion : la botanique. Des espèces rares sont ramenées de ses voyages aux quatre coins du monde.

Puis un beau jour de 1937, le créateur a l’idée de jouer les alchimistes et mêle des pigments outremer et violacés… Le bleu dit Majorelle est né. Quelle meilleure idée que de rhabiller les murs de la villa de ce bleu à la fois si intense et hypnotique ! Ainsi va la vie à la villa Majorelle, jusqu’à la mort de l’artiste, frappé par un accident de voiture. Nous sommes en 1962. La maison du créateur, œuvre de l’artiste à part entière, sombre alors peu à peu dans l’oubli et l’abandon.

Il était une fois Yves Saint Laurent

1966. Yves Saint-Laurent et Pierre Bergé découvrent la villa Majorelle. Le coup de cœur est immédiat ! « Nous fûmes séduits par cette oasis où les couleurs de Matisse se mêlent à celles de la nature. ». Oui mais voilà, des spéculations immobilières menacent la maison de disparition. Comment faire pour sauver la villa des griffes des promoteurs touristiques ? L’acheter bien-sûr ! En 1980, c’est chose faite.

 

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Le duo Yves Saint-Laurent et Pierre Bergé, heureux propriétaire de villa, s’attelle à la restauration du jardin pour donner vie à un espace tel que Jacques Majorelle lui-même l’avait pensé. La villa Majorelle est pour le couturier, bien plus qu’une maison, une muse ! « Depuis de nombreuses années, je trouve dans le jardin Majorelle une source inépuisable d’inspiration et j’ai souvent rêvé à ses couleurs qui sont uniques. » Ainsi va la vie à la villa Majorelle jusqu’à la mort du célèbre couturier. Nous sommes en 2008. Une stèle commémorative est érigée dans un coin du jardin. On peut aujourd’hui y lire l’épitaphe : Yves Saint Laurent, couturier français. L’émotion demeure entière.

Toc, Toc Toc… entrez !

En 2008, Pierre Bergé a la bonne idée de céder la Villa Majorelle à la fondation Yves Saint Laurent. Depuis ce jour, la maison bleue a rejoint le club très select du patrimoine marocain.

 

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À peine passé la porte d’entrée, la végétation happe le visiteur parmi les allées ombragées ou les oiseaux semblent concourir à un concerto de chant d’improvisation. Cactus, yuccas, nymphéas, bambous, bananiers, caroubiers, agaves, jasmins et bougainvilliers jouent à cache-cache avec les rayons du soleil. Les bassins, peuplés de nénuphars et de lotus, s’accordent au murmure des fontaines, comme pour mieux vous faire oublier la chaleur qui sévit un peu plus loin. Puis le bleu dit Majorelle s’invite, sans complexe, dans le nuancier des verts, suivi de près par le jaune citron des jarres et le rose de la terre. Et le tableau se met subrepticement en mouvement, livrant à la rétine un match de couleurs et de contrastes étonnement harmonieux…. Tout n’est que luxuriance, fraîcheur et volupté… Et il vous faut trouver de bonnes raisons pour quitter ce havre de paix…
On vous en donne une ? Le musée berbère, installé dans l’ex-atelier du peintre Jacques Majorelle vous dévoile la collection personnelle du tandem Yves Saint Laurent et Pierre Bergé dédiée à la culture amazigh. « À Marrakech, pays berbère, dans le Jardin Majorelle créé par un artiste qui a peint tant de scènes, d’hommes et de femmes berbères, c’est naturellement que l’idée de ce musée s’est imposée » dixit Pierre Bergé lors de l’inauguration du musée en 2011. Bijoux, parures traditionnelles, objets rituels et portes sculptées vous propulsent au cœur de l’Atlas, là où bat le cœur de la culture berbère… Le voyage continue…

Infos pratiques

Adresse : rue Yves Saint-Laurent. Marrakech.
Tarifs : 50 Dhs (jardins). 25 Dhs (musée berbère).
Ouvert tous les jours de l’année.
Café-restaurant en terrasse, parfait pour prolonger la visite en gourmandise.

© photo principale : Laurie Arnaune ; © photos articles de haut en bas : Laurie Arnaune